Adhésion à la Sodav: Les artistes comédiens toujours à la traîne

FAITS DIVERS

Si les acteurs de la musique sont très en vue à la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav), ce n’est pas le cas de ceux du théâtre qui traînent toujours le pas pour adhérer à cette structure habilitée à gérer les intérêts des auteurs et des bénéficiaires de droits voisins.

La prolifération des séries télévisées ces dernières années n’a pas permis de rémunérer les comédiens et autres interprètes à leur juste valeur. Une situation qui s’explique, en grande partie, par leur non-adhésion la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav). L’admission de ces derniers à la Sodav leur permet de bénéficier des droits voisins conformément à la loi qui veut que «les droits voisins soient accordés à certains auxiliaires de la création, personne physique ou morale qui contribue à mettre les œuvres à la disposition du public par leur créativité, savoir-faire technique et organisationnel et investissement».

La journée d’information sur les droits d’auteur et droits voisins tenue, hier, à la Maison de la Culture Douta Seck, à l’initiative du Comité de relance du théâtre sénégalais, a pour objectif principal d’inverser cette tendance dans les prochains mois. Il s’agit pour Kader Diarra, président de ce comité, de faire en sorte que les comédiens prennent davantage conscience de leurs droits afin de pouvoir tirer le maximum de profit de leur art. «Les artistes comédiens ne sont pas trop encore au courant de leurs droits. Aujourd’hui, l’interprète n’est toujours pas rémunéré à la Sodav. Nous avons besoin de savoir pourquoi cela bloque», indique-t-il.

Si les autres acteurs du maillon de la chaîne continuent de bénéficier de ces droits, de leur côté, les comédiens et interprètes n’en tirent pas toujours profit. Le président du comité de relance du théâtre sénégalais parle d’une «discrimination» qu’il faut vite corriger pour arriver à la rémunération de l’ensemble des acteurs.

Le peu d’informations des comédiens sur la question des droits d’auteur et droits voisins expliquerait le manque d’intérêt des comédiens vis-à-vis de la Sodav. C’est du moins l’avis de la présidente du Conseil d’administration de la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins. Ngoné Ndour pense qu’il faut aider les artistes comédiens à comprendre ce qui peut leur revenir de droit à la Sodav. «Les artistes comédiens sont concernés par le droit voisin. Dans la catégorie audiovisuelle, du théâtre, il y a un manque d’informations par rapport à leur droit. Il faut les aider à se formaliser afin qu’ils puissent percevoir ce qui leur est dû», soutient-elle. Selon Mme Ndour, la grande masse n’est pas encore inscrite à la Sodav. Et cela, malgré le développement de l’audiovisuel qui a pris une place centrale, depuis quelques années, dans le secteur de la culture. Ngoné Ndour regrette le fait que la plupart des artistes qui jouent dans les séries ne disposent pas de contrat avec le producteur. Ce qui complique davantage leur situation sur le plan du droit d’auteur et droits voisins.

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